Cascades d’effets induits par la lumière aux interface liquides. Du photo-surfactant à la mousse

Nous proposons ici un nouveau système, une mousse stimulable par la lumière : un stimulus UV permet de déclencher une déstabilisation rapide et locale d’une mousse pourtant stable à la lumière ambiante.

Cette mousse est constituée d’un tensio-actif photo-stimulable synthétisé au laboratoire. Sa queue hydrophobe, contenant un groupe azobenzène, change de conformation de façon réversible par application de stimulus UV et bleu. Tout d’abord, cette étude prouve que les deux formes isomères du tensio-actif (cis et trans) ont une affinité très différente pour l’interface eau-air. On démontre qu’alors le stimulus lumineux génère un flux de désorption de tensio-actifs à l’interface. Ce flux à l’échelle moléculaire se répercute ensuite à toutes les échelles de la mousse photo-stimulée :

1. Sur une interface eau-air, le stimulus modifie fortement l’adsorption du tensioactif. Ainsi la tension de surface peut être finement contrôlée par l’intensité lumineuse.

2. Sur un film de savon mince (épaisseur h<100nm), les interactions électrostatiques sont modifiées par le stimulus en quelques secondes. Ainsi l’épaisseur du film devient instable et apparaissent des objets que l’on caractérise.

3. Enfin, dans un réseau de quelques films de savon, des écoulements de Marangoni s’avèrent assez importants pour s’opposer au drainage des films. Leur dynamique est déterminée par les flux de désorption des tensio-actifs et contrôlée par l’intensité.

4. Finalement, la description des flux à ces différentes échelles permet de discuter de la déstabilisation rapide à l’échelle de la mousse, mais également de mieux comprendre le ralentissement local du drainage observé sous UV.

Ainsi l’étude des flux photo-induits s’avèrent cruciaux pour comprendre la dynamique des effets macroscopiques observés dans le cas des mousses photo-stimulables, et des interfaces liquides en général.